Histoire et patrimoine de Villeneuve par l'ABACAV

Photo de bandeau : Le château de Villars

A l'origine,
Villeneuve fut créée autour d'un château et d'une chapelle fondés par Pierre de Belleperche, (gravure ci-dessous) conseiller du roi Philippe IV le Bel, vers la fin du treizième siècle, près de sa maison natale de Villars et de la paroisse Saint Martin de Lucenay (aujourd'hui hameau de Lucenat). Nommé évêque d'Auxerre en 1306, deux ans avant sa mort, il institua par testament une fondation de huit vicairies rattachées à sa chapelle, dont les vicaires titulaires auraient la charge de prier pour le repos de son âme.

Le seigneur de Bourbon qui favorisait le développement de cette « ville nouvelle », hérita dès 1311 de la charge de cette fondation qui lui fut transmise par Guillaume de Villars, frère de Pierre de Belleperche. Les habitants de la Villeneuve-le-Duc reçurent une charte de franchise en 1336.

Entre 1360 et 1372, le village fut incendié par les anglais, sans doute lors de la grande chevauchée du duc de Lancastre. le château, l'hospice et la première chapelle furent détruits. En ce temps-là, le duc Louis II de Bourbon qui voulait faire de Moulins sa capitale sur la rive droite de l'Allier, songea à doter sa ville d'une Collégiale dédiée à Notre-Dame; le service divin n'étant plus assuré à Villeneuve depuis sa destruction, il détourna la rente annuelle de six des vicairies de Villeneuve au profit du chapitre de sa Collégiale, et s'engagea à reconstruire la chapelle de Villeneuve pour deux vicaires (entre 1380 et 1410). Le 12 septembre 1395, Louis de Bourbon, comte de Clermont et de Forez, pair de France et seigneur des combrailles, autorise Jehan Fourin, receveur des aides de la guerre pour le roi Charles VI à construire à Villeneuve, sur le chemin qui vat à l'église de Lucenet, un nouvel hospice pour l'hébergement et le repos des pauvres passants. En contrepartie, il est exempté à perpétuité de certaines taxes. En 1478, Villeneuve comptait toujours deux vicairies, nous ignorons à quelle date elles furent dédiées à Saint Georges et à Notre-Dame de Recouvrance.

En 1567, Nicolas de Nicolay, géographe du roi Charles IX, décrit « la Villeneuve » comme un gros bourg avec paroisse, poste, vieux château ruiné, le tout contenant cinquante cinq feux (55 foyers fiscaux). La paroisse de Lucenay qui desservait la partie rurale de la commune actuelle de Villeneuve, comptait pour sa part soixante trois feux. S'il est difficile de préciser la composition moyenne d'un foyer à cette époque, la courte espérance de vie et une forte natalité , modérée par une mortalité infantile précoce, permettent d'évaluer la population de Villeneuve et Lucenay aux alentours de 500 habitants.

L'ancienne église eut sans doute à souffrir des guerres de religions, dont on sait qu'elles ravagèrent les environs de Moulins entre 1568 et 1590. Lors de la démolition en 1905 de la troisième église, celle qui précéda l’église actuelle (voir page du centenaire de l'église), des débris sculptés, rosaces et fleurons, caractéristiques du quinzième siècle furent mis à jour . La plupart de ces pierres portaient des traces d’incendie .
L'abbé Dumas à qui l'on doit la construction de l'église actuelle , exhuma de l'allée centrale de la vieille église vingt-deux squelettes réunis dans un petit espace. Leur examen révéla leur appartenance à de jeunes hommes de 20 à 30 ans, victimes d'une bataille. Au pied du maître-autel se trouvaient deux autres squelettes d'hommes plus âgés. Selon l'abbé Dumas, ces corps avaient du subir le sort funeste de leur petite armée. Peut-être en 1568 après la victoire du prince de Condé à Cognat (situé entre Vichy et Gannat), Condé écarté de Moulins par le parti catholique se serait vengé sur Villeneuve en remontant vers le Nivernais …

Les registres et archives font mention dès le XVIème siècle des hôtelleries des Trois Roys (ou des Trois Maures), de la Croix blanche et de la Tour d’Argent, du logis de l'image de Notre-Dame, situé près de la place aux foires (actuellement place du Monument aux morts de la Grande guerre de 1914-1918), du logis du Soleil et de la Maison du Dauphin dite aussi aux Trois Piliers.